novembre 17, 2013
Il est bien difficile de faire le bilan d’une année, d’une expérience qui me marquera à vie en seulement une dizaine de ligne. Six mois après mon retour en France, je peux enfin me permettre après une longue digestion de tirer quelques conclusions de mon aventure. Le Mexique, une destination prise un peu au hasard afin de découvrir un pays, une culture, une langue dont je ne connaissais pas beaucoup plus que quelques images de pyramides Mayas et Aztèques, de la colonisation & Cortes, des cartels, du “Hola que tal?”… Il s’avère que le Mexique est dix fois, cent fois, un million de fois plus que ces clichés là. Tout d’abord, ce sont des couleurs, de la chaleur; que ce soit chez les gens, dans les paysages, dans les manières d’être et de faire.
A mon retour en France, je me suis rendue dans un supermarché afin de compléter les courses que j’avais ramenées du Mexique afin de réaliser un repas typique. Ne trouvant pas un article, je me suis rendue à l’accueil afin de demander de l’aide; accueil où j’ai attendu quelques minutes devant une dame m’ignorant royalement malgré mon “bonjour” répété. Elle a finit par lever la tête, l’air prodigieusement agacé de devoir faire son boulot et m’a répondu sèchement. Je me suis surprise à pleurer, tellement vexée par la manière dont j’avais été reçue. Non, le Mexique n’est pas un pays de bisounours. Oui, il y existe des personnes imbéciles, aigries, malheureuses, tristes, comme partout dans le monde. Mais cette propension à avoir le sourire, à être heureux, aimables alors même parfois qu’ils vivaient dans la misère la plus profonde, je l’ai vue toute l’année chez les mexicains. Les français sont un peuple encré dans les plaintes et les réclamations. C’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. A l’opposé, j’ai rarement entendu un mexicain se plaindre. Ils sont beaucoup plus dans l’acceptation, voir même la fatalité (Je pense notamment au très cliché “Il est décédé? Il serait mort un jour ou l’autre de toute façon”). Je pense qu’une bonne dose de cet esprit là ne peut faire de mal. On apprend à être patient par exemple: il y a la queue au supermarché? Plus je râlerais, plus le moment sera désagréable alors autant le prendre de la meilleure façon possible.
S’ajoutent à ça des milliers et des milliers de découvertes. On m’avait conseillé avant de partir d’écrire dans un carnet toutes les premières remarques que je me ferais comme “Tiens c’est étonnant on peut acheter de tout dans les pharmacies (sodas, confiseries, shampoing, cigarettes…)”; mais évidemment, je ne l’ai pas fait. C’est bien dommage, car six mois après, je me rends compte que les souvenirs s’effacent vite pour ne plus laisser, un jour, qu’une idée globale. 
Heureusement, il reste les gens, que ce soit mexicains ou internationaux et dont je peux encore prendre des nouvelles.Il reste des photos aussi, et tout particulièrement celles de mes voyages qui relatent souvent de sacrées aventures. Je suis plus que fière et heureuse d’avoir découvert géographiquement parlant une grande partie du Mexique, comme on eut le voir sur la carte ou par le biais de la liste ci-dessous énumérant les villes où je me suis rendue: Atizapan de Zaragosa (premier semestre), DF (Chapultepec, Xochimilco, la Condesa, Roma Norte, Centro Historico, Corona Capital, Coyoacan), Acapulco, Guadalajara (7 fois avant d’y vivre), Sayulita (2), Guanajuato, San Miguel de Allende, Chapala (3), Tequila, Tapalpa, Puerto Vallarta (3), Teotihuacan, Playa del Carmen, Tulum, Chichen Itza, , Ik-kil, Mérida, Uman, Samahil, Celestun, la Huasteca (Tamasopo, Xilitla, Micos, Tamul), San José del Cabo, La Paz, isla Espiritu Santo, Ciudad Constitucion, Loreto, Puerto Escondido BC, Puerto Chale, Cabo San Lucas, Tuxpan, playa Mayto, sanctuaire des mariposas monarcas, Morelia, volcán Paricutin, Patzcuaro, San Pancho (2), islas Marietas, Santa Maria del Tule, Monte Alban, Oaxaca, Matatlan, Mitla, playa Zicatela, Mazunte, Puerto Escondido, cañón del Sumidero, San Cristobal de las Casas, lagunas de Montebello, cascadas de Chiflon, Zinacantan, San Juan Chamula, cascadas de Agua Azul, Palenque, Puebla
C’est beaucoup, mais ça n’est pas tout dans un pays de près de 4 fois la France et je serais ravie d’y retourner afin de découvrir ce que je n’ai pas encore pu voir.A mon retour du Mexique et jusqu’à encore récemment, je disais à qui voulait l’entendre que je souhaitais retourner passer ma vie au Mexique. Ca n’est plus vrai. D’un côté, j’aimerais dans un premier temps y travailler pour expérimenter la “vie réelle”, car il faut être réaliste, la vie d’étudiant en échange est loin des réalités. D’un autre côté, j’ai peur d’y retourner et de gâcher les souvenirs que j’ai là-bas.Nous verrons bien, en attendant, il ne me reste plus qu’à conseiller à qui souhaite partir à l’étranger de partir au Mexique et de lui dire qu’il ne regrettera sûrement pas cette formidable expérience.

Il est bien difficile de faire le bilan d’une année, d’une expérience qui me marquera à vie en seulement une dizaine de ligne. Six mois après mon retour en France, je peux enfin me permettre après une longue digestion de tirer quelques conclusions de mon aventure. Le Mexique, une destination prise un peu au hasard afin de découvrir un pays, une culture, une langue dont je ne connaissais pas beaucoup plus que quelques images de pyramides Mayas et Aztèques, de la colonisation & Cortes, des cartels, du “Hola que tal?”… Il s’avère que le Mexique est dix fois, cent fois, un million de fois plus que ces clichés là. Tout d’abord, ce sont des couleurs, de la chaleur; que ce soit chez les gens, dans les paysages, dans les manières d’être et de faire.

A mon retour en France, je me suis rendue dans un supermarché afin de compléter les courses que j’avais ramenées du Mexique afin de réaliser un repas typique. Ne trouvant pas un article, je me suis rendue à l’accueil afin de demander de l’aide; accueil où j’ai attendu quelques minutes devant une dame m’ignorant royalement malgré mon “bonjour” répété. Elle a finit par lever la tête, l’air prodigieusement agacé de devoir faire son boulot et m’a répondu sèchement. Je me suis surprise à pleurer, tellement vexée par la manière dont j’avais été reçue. Non, le Mexique n’est pas un pays de bisounours. Oui, il y existe des personnes imbéciles, aigries, malheureuses, tristes, comme partout dans le monde. Mais cette propension à avoir le sourire, à être heureux, aimables alors même parfois qu’ils vivaient dans la misère la plus profonde, je l’ai vue toute l’année chez les mexicains. Les français sont un peuple encré dans les plaintes et les réclamations. C’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. A l’opposé, j’ai rarement entendu un mexicain se plaindre. Ils sont beaucoup plus dans l’acceptation, voir même la fatalité (Je pense notamment au très cliché “Il est décédé? Il serait mort un jour ou l’autre de toute façon”). Je pense qu’une bonne dose de cet esprit là ne peut faire de mal. On apprend à être patient par exemple: il y a la queue au supermarché? Plus je râlerais, plus le moment sera désagréable alors autant le prendre de la meilleure façon possible.

S’ajoutent à ça des milliers et des milliers de découvertes. On m’avait conseillé avant de partir d’écrire dans un carnet toutes les premières remarques que je me ferais comme “Tiens c’est étonnant on peut acheter de tout dans les pharmacies (sodas, confiseries, shampoing, cigarettes…)”; mais évidemment, je ne l’ai pas fait. C’est bien dommage, car six mois après, je me rends compte que les souvenirs s’effacent vite pour ne plus laisser, un jour, qu’une idée globale. 

Heureusement, il reste les gens, que ce soit mexicains ou internationaux et dont je peux encore prendre des nouvelles.Il reste des photos aussi, et tout particulièrement celles de mes voyages qui relatent souvent de sacrées aventures. Je suis plus que fière et heureuse d’avoir découvert géographiquement parlant une grande partie du Mexique, comme on eut le voir sur la carte ou par le biais de la liste ci-dessous énumérant les villes où je me suis rendue: Atizapan de Zaragosa (premier semestre), DF (Chapultepec, Xochimilco, la Condesa, Roma Norte, Centro Historico, Corona Capital, Coyoacan), Acapulco, Guadalajara (7 fois avant d’y vivre), Sayulita (2), Guanajuato, San Miguel de Allende, Chapala (3), Tequila, Tapalpa, Puerto Vallarta (3), Teotihuacan, Playa del Carmen, Tulum, Chichen Itza, , Ik-kil, Mérida, Uman, Samahil, Celestun, la Huasteca (Tamasopo, Xilitla, Micos, Tamul), San José del Cabo, La Paz, isla Espiritu Santo, Ciudad Constitucion, Loreto, Puerto Escondido BC, Puerto Chale, Cabo San Lucas, Tuxpan, playa Mayto, sanctuaire des mariposas monarcas, Morelia, volcán Paricutin, Patzcuaro, San Pancho (2), islas Marietas, Santa Maria del Tule, Monte Alban, Oaxaca, Matatlan, Mitla, playa Zicatela, Mazunte, Puerto Escondido, cañón del Sumidero, San Cristobal de las Casas, lagunas de Montebello, cascadas de Chiflon, Zinacantan, San Juan Chamula, cascadas de Agua Azul, Palenque, Puebla

C’est beaucoup, mais ça n’est pas tout dans un pays de près de 4 fois la France et je serais ravie d’y retourner afin de découvrir ce que je n’ai pas encore pu voir.

A mon retour du Mexique et jusqu’à encore récemment, je disais à qui voulait l’entendre que je souhaitais retourner passer ma vie au Mexique. Ca n’est plus vrai. D’un côté, j’aimerais dans un premier temps y travailler pour expérimenter la “vie réelle”, car il faut être réaliste, la vie d’étudiant en échange est loin des réalités. D’un autre côté, j’ai peur d’y retourner et de gâcher les souvenirs que j’ai là-bas.
Nous verrons bien, en attendant, il ne me reste plus qu’à conseiller à qui souhaite partir à l’étranger de partir au Mexique et de lui dire qu’il ne regrettera sûrement pas cette formidable expérience.

mai 1, 2013

avril 9, 2013
Ce que vous trouverez & ne trouverez pas au Mexique

Articles traitant de spécificités que j’ai pu observer au Mexique. Ca n’est pas forcément le cas partout et pour tout le monde…

SUPERMARCHÉS

Ici, point de Leclerc, Géant Casino ou de Carrefour: les chaînes dominantes sont Soriana, la Comercial Mexicana, Wal-mart et Chedraui. Les chaînes françaises Auchan et Carrefour ont tenté de s’y implanter, avant d’être respectivement rachetées par la Comercial Mexicana et Chedraui.

Ce qu’on y trouve…

- Des grandes portions. A mon arrivée ici, c’est ce qui m’a le plus posé problème, notamment au niveau de la viande et du poisson qui périssent rapidement: impossible de trouver une barquette avec ne serait-ce qu’une ou deux escalopes de poulet; ici, rien ne se vend par lot de moins de 500 grammes. 

- Des yaourts à boire. D’ailleurs, en termes de yaourts, c’est quasiment tout ce qui se fait. Ceux en pots ne sont pas légions et, de plus, ils se vendent tous à l’unité (ou en pots de 1kg, on en revient aux grandes portions)

- Un employé qui met les articles en sachets (et des sachets plastiques, du coup). Comme en France, le client met ses articles sur le tapis; ce qui change est de l’autre côté de la caisse. Depuis quelques années, on a pris l’habitude de ne plus voir de sacs plastiques, ou alors payants, et d’utiliser de grands sacs réutilisables. Ici, ils en ont toujours, et il y a même un employé qui se charge d’y mettre vos courses (parfois n’importe comment, un seul article par sac…). Il faut juste penser à lui laisser un pourboire (proportionnel au montant des courses; je laisse en général 3$; 1€ est environ égal à 16$)

- Des produits désinfectant au rayon fruits&légumes. Recommandé par ma propriétaire au premier semestre, j’en ai acheté un que je n’ai utilisé que quelques fois au début de mon année. La majorité des mexicains font tremper leurs fruits&légumes dans de l’eau mélangée à ces produits afin d’enlever les pesticides et autres produits qui pourraient les avoir imprégné. Je ne sais pas si c’est dû à une contamination plus importante ici qu’en Europe -certainement, les normes ne doivent pas être les mêmes, ou simplement à une habitude.

- Un rayon “boulangerie” (panaderia), comme sur la photo ci-dessous. Pas vraiment de différentes sortes de pains (si ce n’est du pain type baguette à 50cents comme celles qu’on a en France), mais surtout beaucoup de cookies, muffins, donuts.. que les clients prennent avec une pince et posent sur un plateau, qu’ils amènent ensuite à une caisse, comme dans un rayon fruits&légumes en France. On peut également y acheter des tortillas au kilo.

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Ce qu’on y trouve pas…

 - Autant de produits “simples”. En France, en entrant dans un supermarché, on trouve le rayon viande, la boucherie, la charcuterie, la boulangerie, la poissonnerie, la fromagerie, les fruits&légumes… Puis le rayon eau, les pâtes/riz, les épices, puis le café et les conserves… En somme, relativement peu de produits transformés -même s’il y en a de plus en plus. Au Mexique, après avoir passé fruits&légumes, boucherie (pas de charcuterie), poissonnerie; il vous faudra lutter pour trouver des épices (par contre il existe énormément de sels aromatisés, à l’ail par exemple), vous ne trouverez pas de café si ce n’est soluble (alors que le pays est un très grand producteur…), vous chercherez l’eau au milieu de 12’000 sodas, et les pâtes seront perdues au milieu des sauces d’accompagnement, …

- De la semoule; de la charcuterie (comme je disais plus tôt) sauf jambons secs et chorizo; des steaks hachés type “Charal”, ici seulement des steaks hachés à burgers d’environ 0,5cm d’épaisseur, pas vraiment rouges et on ne sait pas vraiment si c’est du bœuf à cause autant à la couleur qu’au goût (c’est d’ailleurs également le cas chez McDonald’s par exemple); du sirop -il existe seulement des sachets de poudre aromatisée; de la brioche type “Pasquier” -ici seulement du pain de mie; des pâtes types pâtes brisées, pâtes feuilletées (en conséquent, pas de tartes non plus) … 

DANS LA RUE

Ce qu’on y trouve…

- Des topes. Beaucoup de topes. Partout, même quand il n’en faut pas. On peut traduire cela par dos-d’âne. Les limitations de vitesse sont assez basses, mais pas du tout respectées par les mexicains et c’est visiblement la seule solution qui a été trouvée pour les faire ralentir. Au final, les mexicains achètent des voitures hautes (énormément de SUV ou 4x4) -bien que ce ne soit absolument pas la seule raison- et certains ralentissent à peine en passant dessus, quitte à abîmer tout le moteur.

- Des vendeurs ambulants sur les routes. La plupart du temps aux intersections à feux, souvent dans les embouteillages, parfois aux topes où les automobilistes vont forcément ralentir. Et ils vendent de tout et n’importe quoi. A Guadalajara, ça reste encore relativement sensé, la majorité cherchent à vendre des sodas, des jus de fruits fraîchement pressés, des amuses-gueule style cacahuètes, des fruits coupés, des barres de céréales; ou, dans un autre registre que l’alimentation, des cigarettes, des câbles pour brancher son téléphone à l’allume-cigare,… Mais j’ai le souvenir d’une imagination impressionnante des vendeurs à Mexico, certains vendaient des jouets (maquettes d’avions par exemple), des outils de nettoyage… Je ne sais pas s’ils en vendaient beaucoup; je ne me rappelle pas avoir eu une soudaine envie d’un balai alors que je conduisais.

- Dans le même registre, lorsque vous vous arrêtez à un feu rouge, il est courant que quelqu’un vous propose de vous laver le pare-brise; tarif à la convenance du conducteur. En 15 secondes chrono c’est fait, sacré efficacité pour une fois.

- Concernant les parkings, encore un petit boulot qui ne sert pas à grand chose: il y a des personnes pour vous guider, vous dire où il y a de la place de libre et vous aident à vous garer en donnant des indications à l’aide d’un chiffon. Singularisme disparu de France depuis longtemps, il y a également des pompistes à toutes les stations services. Ils font le plein d’essence, lavent parfois le pare-brise; pas la peine donc de sortir de la voiture.

- Des déchets, des déchets et des déchets… Pour le sens écologique des mexicains, on repassera. Le gouvernement s’est même senti obligé d’installer des panneaux “No tirar basura” (ne pas jeter d’ordures) le long des routes; chose qui est également inscrite sur de nombreux produits et sur les rares poubelles que l’on trouve. “Un lugar para cada cosa y cada cosa en su lugar” (littéralement, une place pour chaque chose et chaque chose à sa place)

- Des hôpitaux pour à peu près tout. Ou alors on a juste une manière différente de voir les choses. “Hospital de celulares”, hôpital pour les cellulaires ou réparateur de téléphones portables; “hospital de zapatos”, hôpital de chaussures ou autrement dit le cordonnier, …

- Des pelouses vertes. Arrosages systématiques, abondants, en plein milieu de la journée même quand il fait 35°… Vous avez dit problèmes de sécheresse? 

- Des cinémas V.I.P. Sièges énormes, inclinables comme en classe affaire des avions, possibilité de commander à manger (et pas seulement du pop corn; suhis par exemple). Concept qui s’implante en France, la première salle a été ouverte en ce début d’année.

Et ce qu’on y trouve pas…

 - Des ronds-points. Ou du moins très peu, beaucoup moins qu’en France. Et si rond-point il y a, la manière de les prendre est très différente: la personne arrivant sur le rond-point a la priorité, et non celle circulant déjà dessus. Autant dire que pour réguler ça, il y a des feux partout, et finalement la fonction première du rond-point qui est de fluidifier la circulation est totalement mise de côté.

-Des feux pour piétons. Enfin, si, bien sûr, ça existe, mais c’est loin d’être systématique. Comme aux Etats-Unis, les feux pour voiture sont de l’autre côté des intersections. Par conséquent, comme le conducteur est roi et le piéton ne sert à rien; ou est très intelligent, à voir, il “suffit” au piéton de regarder au-dessus de lui si les voitures venant dans sa direction peuvent circuler ou non. Ou juste de regarder les voitures, car c’est un système relativement peu fiable dans la mesure où l’on risque quand même de se faire écraser car les automobilistes voulant tourner à  leur droite dans une intersection peuvent le faire même quand le feu est rouge, comme en France avec les vélos.

- Des cadavres qui jonchent les rues. Malgré des images (attention à la sensibilité /!\) (1) et articles (1), (2), (3) circulant sur la criminalité au Mexique, je n’ai toujours pas vu un seul corps ou même une goutte de sang. Eh oui. De ce que je vois, la violence touche essentiellement les personnes concernées par les trafics, et la population n’est souvent que la triste victime collatérale du conflit. Et surtout, ce sont des états voir des villes ou même zones très spécifiques qui sont concernées. Vous pouvez retrouver tous les faits du crime organisé sur ce blog.

- Des kebabs. Fleurissant en France à partir des années 1990, avant tout dans les grandes villes où la part d’immigrés arabes et turques est plus importante puis petit à petit ailleurs; je n’en ai pour l’instant vu qu’un seul au Mexique. Peut-être pas très étonnant, si l’on sait que la population d’origine arabe au Mexique ne dépasse pas 1%.

- De “l’air frais”. Au contraire, c’est très pollué: Mexico est l’une des villes les plus polluées au monde (elle émettrait chaque année à elle seule 1,5% des gaz à effet de serre) et la première d’Amérique latine, la ville de Guadalajara en est la seconde devant Lima (Pérou) qui occupe la troisième place. Ceci est du, je pense, essentiellement à leur situation géographique, en altitude -respectivement à 2250 et 1500m-, enclavées dans des montagnes… mais aussi a la densité de la circulation automobile: les mexicains utilisent leur voiture (souvent grosse) pour aller partout, ne serait-ce qu’au coin de la rue. Sans compter les milliers de camions qui crachent d’énormes fumées noires. 

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AU NIVEAU DES COMPORTEMENTS

Ce qu’on y trouve…

- Des gens proches de leur argent. Si le mexicain lambda est généreux, il est aussi très proche de ses sous. Par exemple, il est incroyable de voir à quel point les propriétaires ont du mal à dépenser le moindre sous  pour une réparation, à quel point ils sont à cheval sur les dates de loyer (que je paye en liquide)

- Du fatalisme. Si les français passent leur temps à se plaindre de tout et à manifester pour un oui ou un non; les mexicains me paraissent eux beaucoup enclin à tout laisser passer. On peut traduire “tant pis” par “ni modo”, qui donne racine au “nimodismo” : c’est comme ça, un point c’est tout. 

- L’importance de la famille. Si notre vision de la famille est réduite au premier certcle, ici, parler de sa famille fait également références aux cousin(e)s,  oncles/tantes, …

- Comme je le disais précédemment, le Mexique est un pays très religieux où la famille a une importance capitale. Les jeunes sont pour beaucoup des Tanguy; j’en parlais avec ma propriétaire au premier semestre, il est très mal vu de s’installer avec quelqu’un avant le mariage. Il est également compliqué de présenter un homme ou une femme à sa famille, imaginer qu’il ou elle reste dormir sur place. Encore une grosse hypocrisie, on voit donc des “car hotel” fleurir à tous les coins de rues (Plus d’info ici

Ce qu’on y trouve pas…

- Le “non” et le “je ne sais pas”. Demandez votre chemin dans la rue à 3 ou 4 passants différents, vous aurez autant de réponses différentes. Au Mexique, il est impoli de dire “non”, de même qu’il est très rare de répondre “je ne sais pas” ou que l’on n’a pas compris. Pour rester poli, ils préfèrent donc dire n’importe quoi. Si vous parlez avec un mexicain et qu’il vous demande si vous aimeriez aller dans un tel ou tel restaurant, et que vous voulez dire “non”, arrêtez-vous tout de suite! Faites comme eux, un “Oui” suivi d’une phrase maintenant les choses dans le vague (“Oui, on pourra y aller un jour!”). 

- De la ponctualité. Le Mexique est un pays de culture latine, la notion du temps est donc radicalement différente ici. Si quelqu’un vous dit qu’il arrive, cela veut dire au bas mot -en général- que vous pouvez encore l’attendre 3/4 d’heure. 

Sources des photos: (1) Panaderia Soriana, (2) Pollution à Mexico

avril 9, 2013

Dimanche 31 mars

Jour 10, Puebla

Puebla est la capitale de l’état du même nom et se situe à deux bonnes heures du sud de Mexico. Le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco et regorge de demeures espagnoles du 18e siècle, d’églises baroques, de petites places… Bref, une ville magnifique. Avant le voyage, je prévoyais de grands plans pour cette journée, visiter la ville en long en large; aller à Cholula -photo-, à une dizaine de kilomètres de là. Il n’en sera rien. Les dizaines et dizaines d’heures dans le bus, le voyage en lui-même finissent par peser énormément. Nous repartirons même de la ville une heure plus tôt que prévu afin de rentrer plus tôt à Guadalajara (à encore dix heures de trajet de là). Je me suis donc baladée dans les rues de la ville pendant une petite heure avant de m’effondrer sur la table d’une terrasse de la place principale (zocalo). Dommage, mais il m’était impossible d’en faire plus. Pour quand je reviendrai au Mexique …!

Départ pour Guadalajara, notre voyage dans le Sureste s’achève. Au regard de la carte remplie de mes visites (voir) depuis mon arrivée au Mexique fin juillet dernier, je prends également conscience que c’est mon année qui ne va pas tarder à se terminer. J’espère avoir pour prochaine et dernière grande étape, le nord avec l’état du Chihuahua.

avril 5, 2013

Samedi 30 mars

Jour 9, Cascadas de Agua Azul &  site archéologique de Palenque

Départ aux aurores pour notre avant-dernière journée de voyage. Les cascades de Agua Azul -comme Palenque- font parties des lieux de passage inévitables du touriste venant au Mexique, elles sont inclues dans la plupart des circuits proposés. Ces cascades se forment grâce aux affluents de trois rivières; Otulún, Shumuljá et Tulijá. La couleur bleue est due, comme dans la Huasteca (article précédent, à lire ou relire ici) aux sédiments calcaires. Site magnifique, mais malheureusement un peu surpeuplé en ce samedi de semaine sainte (vacances des mexicains). Je regrette de n’avoir pensé à mon maillot de bain pour tester l’une des nombreuses zones de baignade, ce qui aurait été appréciable avec la chaleur. Après un poulet asada (comprendre mariné puis cuit au barbecue), départ pour Palenque, à une soixantaine de kilomètres de là.

C’est le moment qu’aura choisi la climatisation du bus pour nous lâcher, je vous laisser imaginer la température du bus avec 38° en extérieur. Ne supportant pas vraiment la chaleur, je me suis donc sentie très très mal -vertiges et galette à la sortie du bus-, je regrette donc de ne pas avoir pu visiter les ruines de Palenque comme il se doit, car en dépit de mon “état de santé”, j’ai trouvé que c’était un des plus beaux endroits que j’ai pu voir au Mexique. Palenque signifie “entouré d’arbres”, et c’est effectivement le cas, le site semble émerger des arbres. A ses dépends d’ailleurs, car la végétation a littéralement englouti la cité, et la partie dégagée ne représente qu’une fraction de la zone archéologique qui s’étendrait encore sur une longueur de 6 à 8 kilomètres. 

La cité est une cité maya (de même que Chichen Itza -article- ou Tulum -article- que j’ai déjà visitées par exemple) qui a commencé à se développer pendant l’époque classique (établie de 300 à 600 après JC) jusqu’à son apogée entre 600 et 700. Cependant, l’architecture de la cité est très différente de Chichen Itza que je viens d’évoquer ou d’Uxmal que j’ai pu étudier en cours (autre cité importante du Yucatan) ; beaucoup moins monumentale, ce qui laisse penser qu’elle n’avait qu’un rôle politique secondaire. 

A la fermeture du site, nous partons en direction d’un hôtel proche dont nous utilisons les douches avant de passer la nuit dans le bus en direction de Puebla, dernière étape de notre voyage.

Sur les photos:

4. Le temple des Inscriptions (le plus au fond) et le temple XIII. Le temple des Inscriptions doit son nom aux nombreux textes qui en couvrent les murs et les piliers. En 1949, des archéologues ont mis un jour un escalier secret (qu’ils mettront 3 ans à dégager) qui descend à l’intérieur de la pyramide jusqu’à la crypte funéraire du roi Pascal (le souverain de la plus important de la cité avec son fils qui lui succédera). 
5. Le Palais;
l’un des édifices escaladable du site (grimpette à laquelle je renoncerai de part mon état).
6. 
L’aqueduc & la façade orientale du Palais. La plus haute tour apparaissant sur la photo fut construite pour l’observation du soleil et des astres (que l’on voit mieux sur la photo suivante).
7. Vue sur le palais depuis le temple de la Croix, plus haute structure de la cité. Il doit son nom à la un bas-relief en forme de croix que l’on a trouvé à l’intérieur; croix étant une représentation symbolique de l’arbre de la vie (la ceiba) fait d’un serpent horizontal surmonté d’un oiseau.
8. 
Le temple de la Croix foliée
9. Le temple du Compte. Nommé ainsi à cause d’un des explorateurs de la cité, le baron de Waldeck, qui avait apparemment choisi cet endroit pour entreposer ses cartons à dessins et autres. C’est l’un des plus anciens édifices mis au jour.

avril 5, 2013

Vendredi 29 mars

Jour 8, Zinacantan, San Juan Chamula & San Cristobal de las Casas

Départ en fin de matinée pour deux villages indigènes à proximité de San Cristobal, Zinacantan et San Juan Chamula. Nous commençons par Zinacantan, direction une maison/atelier de tissage où des indigènes nous proposent de reconstituer un mariage selon leurs coutumes, avec costumes et pox (l’alcool local). Après trois tortillas préparées devant nos yeux, nous partons pour San Juan Chamula. 

Un guide nous donne quelques conseils avant d’entrer dans le village: photos strictement interdites, c’est passible de prison (oui, un guide, il est impossible de venir à San Juan sans un de ses habitants). C’est bon de le préciser, nous verrons plus tard un groupe d’indigènes couverts de peaux de chèvres partir en courant en direction d’un malheureux touriste ayant eu la mauvaise idée de sortir son appareil. Oui, ça parait un peu ridicule mais, il faut savoir que dans leur culture, se faire prendre en photo équivaut à se faire voler son âme. Je remarquerai que par contre, ils n’ont eu aucun soucis à se faire photographier pour les clichés vendus un peu partout dans le village (sans commentaire comme dirait l’autre). L’ambiance régnant à San Juan est très particulière, peut-être exacerbée par le jour, le vendredi Saint (célébration de la Passion du Christ et de sa mort sur la croix, comme je l’ai rappelé à pas mal de personnes autour de moi…). Beaucoup de personnes sont réunies aux alentours de l’église, effectuant ce qui me semble être des sortes de cérémonies entre rites ancestraux et religion chrétienne.Mais le plus intéressant reste l’intérieur de l’église, enfumée à l’encens (visibilité réduite) , envahie de bougies à l’effigie de la vierge de Guadalupe (oui oui toujours la même), sol recouvert d’épines de pins, pas de bancs pour recevoir des fidèles; fidèles qui sont d’ailleurs agenouillés un peu partout, implorant le (ou leurs) Seigneur(s), parfois très bruyamment (au contraire du silence que l’on connait), gémissant, pleurant… De nombreuses offrandes sont également présentes, parfois un peu surprenantes: bouteilles de coca, courgettes géantes. Expérience très surprenante; d’autant plus que si le village parait avoir vendu son âme au tourisme (l’entrée du village est payante, histoire des photos dont je parlais plus tôt,…), les habitants paraissent ne pas nous voir, bien que l’on détonne (énormément) dans le paysage. En retournant vers San Cristobal, l’indigène nous accompagnant nous parle d’une coutume qui nous dépasse complètement: à San Juan, les maris achètent leurs femmes, entre 25’000 et 50’000$ (entre 1500 et 3000€). La femme n’a plus de valeur si elle n’est plus vierge; alors ils le vérifient soigneusement: (d’après ce que j’ai compris) on sélectionne un cordon, et si celui-ci est suffisamment grand pour faire le tour de la tête de la fille à marier, c’est qu’elle n’est plus vierge. Evidemment. Par ailleurs, après le mariage, si la femme ne donne pas naissance à un fils après un certain nombre de grossesse (en fonction de la bonne volonté du mari), son époux a le droit de la rendre à ses parents (pardon, à son père) en échange de la soeur. 

L’une de mes photos présente un cimetière. Tout d’abord, comme on peut le voir, il n’y a pas de tombe. Ensuite, plusieurs croix sont parfois regroupées, cela signifie qu’il y a le nombre de personnes correspondant au nombre de croix en-dessous. Ainsi, le père de famille décide du nombre de personnes à être enterrées au-dessus de lui, et à sa mort, il est enterré à la profondeur correspondante. Par ailleurs, un chien noir les accompagne dans leurs “tombes”, celui-là même qui sera leur compagnon vers l’au-delà.

Je profite de notre dernière après-midi à San Cristobal pour traverser le marché artisanal de long en large; avant d’aller me coucher en prévision du réveil à 4h le lendemain.

avril 5, 2013

Jeudi 28 mars

Jour 7, Lagunas de Montebello, frontière avec le Guatemala & Cascada el Chiflón

>Partie 2: cascada el Chiflón

Nous arrivons sont le soleil à la cascade El Chiflon. Plus qu’une cascade, le site est en fait une succession de chutes d’eau plus belles les unes que les autres au noms évocateurs (les ailes de l’ange par exemple) et de bassins aux couleurs turquoise que de nous découvrons au fil d’un chemin, parfois très escarpé (plus de 400 marches pour arriver jusqu’au bout), s’achevant par la cascade du voile de la mariée, chute d’eau de plus de 70 mètres. En descendant, la majorité d’entre nous tenterons la baignade (nécessaire de part la chaleur), je m’esquiverai discrètement au vu de la fraîcheur de l’eau. Retour ensuite à San Cristobal, 60km, 2 heures de route.

avril 5, 2013

Jeudi 28 mars

Jour 7, Lagunas de Montebello, frontière avec le Guatemala & Cascada el Chiflón

>Partie 1: Lagunas de Montebello & frontière avec le Guatemala

Départ douloureux de l’hôtel à 7h du matin en direction des lagunas de Montebello (3h de route de San Cristobal environ).

Extrait du guide du Routard édition 2012 “Dans la forêt se cachent plus d’un cinquantaine de petits lacs dont les eaux, toutes différentes selon leur situation, composent une extraordinaire palette de couleurs, du violet au vert émeraude. Rassurez-vous, on n’en voit réellement qu’une quinzaine. N’y allez que s’il fait beau." Ah. Conseil avisé, on a choisi le mauvais jour, et c’est bien dommage, on a rien vu (oui la dernière photo vient malheureusement de Google pour donner l’image de ce qu’on aurait pu/du voir). J’en ai tout de même profité pour manger un plat préparé par une indienne cuisinant au bord du lac; à base de poulet, riz et tomates. Délicieux. "-Vous avez la carte?", elle nous la note sur un bloc-note, avec des prix adaptés à nos têtes d’étrangers je suppose (mais qui n’excèdent pas 4€…). Je n’ai pas perdu ma journée.

A quelques kilomètres du premier lac que nous avons “visité” (les ballades en kayaks étaient possibles, certains ayant tentés se sont perdus dans la brume), nous nous rendons au “lago internacional” que traverse le tracé de la frontière entre le Guatemala et le Mexique. Je pourrais désormais dire que j’ai mis un pied (voire même les deux) au Guatemala! 

A peine sortis du parc national des lagunas de Montebello, le temps se découvre. Dommage. Direction ensuite la cascade de Chiflon.

avril 5, 2013

Mercredi 27 mars

Jour 6, Cañon del Sumidero & San Cristobal de las Casas

>Partie 2: San Cristobal de las Casas

Nous arrivons environ une heure plus tard à San Cristobal de las Casas, plus vieille cité espagnole de l’état du Chiapas. Les chambres d’hôtels ne sont pas encore prêtes, la douche & la sieste attendront, direction donc un restaurant pour déjeuner. Je suis marquée par l’étrange allure des gens se promenant dans la ville: soit des femmes ou enfants indigènes habillés de costumes traditionnels et cherchant à vendre des souvenirs, soit ce qu’on pourrait définir comme des hippies ou routards -qui paraissent très souvent européens-. Il existe plusieurs marchés à San Cristobal, dont un particulièrement riche en artisanat;bijoux, produits en cuir, textiles, babioles,… paradis du touriste en quête de souvenirs. J’irai également au “gran mercado” (grand marché), où les indiens viennent vendre leurs fruits, fleurs, … Je profiterai également de l’après-midi pour me rendre au templo de Guadalupe (encore pour elle! -cf articles précédents), qui se situe tout au bout d’un grand escalier lui-même au bout d’une rue montant graduellement, dont l’esplanade offre un superbe panorama sur la ville.

A force d’y faire référence, je me permet de faire un petit encart sur cette célèbre Notre-Dame de Guadalupe, sources Google à l’appui.

La VIRGEN DE GUADALUPE

La vierge de Guadalupe est le nom donné à la vierge Marie lors de son apparition à un indigène mexicain au XVIe siècle. C’est l’une des figures catholiques majeures du continent américain, elle est d’ailleurs patronne de la ville de Mexico, du Mexique; Jean-Paul II lui a donné en 2000 les titres de reine du Mexique et d’impératrice des Amériques, … Le 12 décembre, jour qui lui est dédié, près de 15 millions de pèlerins se rendent à Mexico à la Basilique Notre-Dame de Guadalupe. 

De ce que j’ai pu remarqué, c’est vraiment l’un des symboles phares du Mexique: milliers d’églises, temples, basiliques et autres à son nom; l’artère près de laquelle je vivais au premier semestre également ainsi qu’un grand lac à proximité.

avril 5, 2013

Mercredi 27 mars

Jour 6, Cañon del Sumidero & San Cristobal de las Casas

>Partie 1: Cañon del Sumidero

Après plus de dix heures de bus (moins de 600km), nous arrivons à notre première étape du Chiapas, le cañon del Sumidero. Commençons tout d’abord par présenter cette région particulière du Mexique, à la frontière avec le Guatemala. Alors que les indiens constituent environ 10% de la population mexicaine, ils sont au Chiapas plus d’un million sur 3,6 millions (soit un peu moins du tiers), pour la plupart descendant des Mayas, dont l’aire de peuplement s’étendait à l’époque de la civilisation du sud ouest du Mexique aux extrémités ouest du Honduras et Salvador, en passant par le Guatemala et le Belize. Aujourd’hui, ces indiens sont constitués en différents peuples qui possèdent chacun leur propre langue et beaucoup n’ont aucune connaissance de l’espagnol. Cette richesse culturelle ne fait pas la richesse économique de la région… au contraire, l’état est le plus pauvre du Mexique et plus de 80% des populations indigènes n’ont ni eau potable ou hôpitaux, le même pourcentage d’enfants souffrent de malnutrition et le tiers des enfants n’est pas scolarisé. Pourtant, le Chiapas est une région riche, première productrice de café, troisième de maïs, deuxième en terme d’élevage; au profit des grands propriétaires et éleveurs. Ceci donne donc lieu à une révolte, dite des zapatistes, débutée en 1994 (vidéo de l’INA ici - 2 minutes seulement) et menée par le sous-commandant Marcos.

Retour au cañon del Sumidero. Situé à proximité de Tuxtla Gutiérrez -la capitale du Chiapas-, la formation du canyon est contemporaine du célèbre Grand Canyon des Etats-Unis. A la sortie du bus, c’est environ 1h30 de bateau qui nous attendent au cours de laquelle on traverse une gigantesque faille qui atteint jusqu’à 500m de dénivelé par rapport au niveau du fleuve sur lequel on navigue, le Grijalva; jusqu’à un barrage à partir duquel on fait demi-tour. Il est important de noter le côté très marseillais -ou mexicain, à voir- du guide qui nous dira que par endroit le canyon mesure jusqu’à 1000m de hauteur!.. Certes, mais pour la partie visible on repassera, la profondeur du fleuve allant jusqu’à 400 mètres. Au début de la visite, il nous annonce également la découverte des “5 merveilles du canyon, voir 6”. La première est une stalactite ayant la forme d’un hippocampe dans une grotte de la falaise (je me demande bien combien de temps d’observation il a fallu pour le dénicher), la seconde un point de vue depuis lequel on peut reconnaître le drapeau du Chiapas sur lequel le canyon est représenté (voir drapeau ici, surmonté de la couronne d’Espagne comme nous l’explique le guide), la troisième une grotte “colorée”, principalement de rose, grâce l’importante quantité de minéraux présents dans la roche, essentiellement le magnésium et potassium. Dans cette grotte, on peut également admirer une représentation de la vierge de Guadalupe (une vraie figure au Mexique, plus que Napoléon ou autre grand personnage en France), entourée de fleur fraîches et de loupiotes. La quatrième merveille est le “sapin de Noël”, une paroi rocheuse érodée et couverte de mousse donnant l’image du fameux arbre. D’après le guide, c’est en fait une cascade durant la saison des pluies (pour rappel, de juin à octobre environ). Je n’ai pas encore trouvé la cinquième merveille, je suppose que c’est le barrage qui a calmé les eaux du fleuves, auparavant tumultueuses; dont ses architectes sont honorés au travers de gigantesques statuesNous verrons sur le chemin du retour la sixième merveille (tient, comme ça tombe bien! ça aurait été plus difficile à caser entre la première et la seconde), un crocodile américain “dormant” sur une rive, ayant plus des allures de statue Truffaut pour vendre les plantes tropicales que de grand prédateur: nous resterons devant pendant cinq bonnes minutes, il restera ces mêmes cinq minutes la gueule ouverte sans ciller. Nous étions 3 lanchas, les deux qui passeront après la notre verront le même spectacle. Je reste persuadée qu’il existe bel et bien des crocodiles dans les eaux du fleuves, mais celui la m’a paru un attrape-touristes extraordinaire au cas où aucun (crocodile, pas touriste) ne se serait montré pendant la ballade. Malgré cette petite déception, la visite me laisse un bon souvenir grâce à l’impressionnant spectacle que donne cette merveille naturelle. 

Retour dans le bus en fin de matinée, direction San Cristobal de las Casas.

avril 5, 2013

Mardi 26 mars

Jour 5, Puerto Escondido

Deuxième jour à Puerto Escondido, journée plage. J’en profite également pour aller visiter le “centre” de la ville, qui se trouve en fait être une partie un peu plus ancienne avec de nombreux stands de souvenirs pour touristes. J’y verrais également une “plage de mexicains” (à priori plutôt pauvres). Il est assez étrange de voir comment nos pratiques à la plage diffèrent: très peu de gens sur le sable, la majorité dans l’eau, étonnamment tous habillés. Les rares ne se baignant pas sont attablés à des bars où ils sirotent des micheladas (sorte de cocktail à base de bière, avec du citron, de la sauce anglaise, de la sauce soja, du tabasco, du poivre et du sel; éventuellement avec du jus de tomate “clamato”), boisson très typique du Mexique. Nous ne verrons personne en mode crêpe sur une serviette.

Nous dînerons ensuite une salade de crevette pour moins de 5€ (les prix extrêmement abordables des restaurants au Mexique vont me manquer) devant un magnifique coucher de soleil avant de partir pour une nuit dans le bus en direction de notre première étape dans le Chiapas, le cañon del Sumidero.

avril 4, 2013

Lundi 25 mars

Jour 4, Puerto Escondido, plage de Zicatela; & Mazunte

Nous nous réveillons avec la vue sur la mer que nous n’avions pas forcément pu admirer la veille au soir. La plage en face de l’hôtel est la playa de Zicatela, sur laquelle déferlent des rouleaux d’une ampleur impressionnante qui lui donnent la troisième place au classement des meilleurs spots mondiaux de surf (seulement!). 

Après un petit-déjeuner rapide, départ vers la plage de Mazunte, à priori plus faite pour la baignade, à environ 1h de là. On ne peut pas vraiment définir Mazunte comme une village mais plutôt, comme le dit si bien le routard, comme un assemblage de “maisons de bric et de broc dispersées dans la végétation, le long de quelques rues poussiéreuses, au fond d’une jolie baie soulignée par une plage de sable fin”. C’est beau. Et la plage aussi, dont on profitera toute la journée avant de rentrer vers l’hôtel le soir, avant une seconde journée à Puerto Escondido.

Sur les photos:

1. 2. 3. et 4. Playa Zicatela
5. Sur la route vers Mazunte
6. 7. 8. Mazunte

avril 4, 2013

Dimanche 24 mars

Jour 3, de Oaxaca à Puerto Escondido: fabrique de tapis & autres tissages, fabrique de mezcal, Mitla

Le lendemain matin, départ à 8h pour une fabrique de tapis où, très réveillée après quelques heures de sommeil seulement, je ne retiendrai malheureusement pas grand chose des techniques de coloration de la laine. La fabrique est traditionnelle, tout se fait donc à la main et à chaque ouvrage prend donc plusieurs semaines voir plusieurs mois à être réalisé. Nous prenons ensuite la route d’une fabrique de mezcal. Cela aurait pu être très intéressant s’il n’avait pas s’agit plus d’un dépot-vente avec dégustation que d’une fabrique où on apercevait au mieux une cuve, seule, en extérieur, pour nous parler de la production. Le mezcal est un alcool typique de la région de Oaxaca produit à base d’agave (une sorte de cactus de la famille des maguey, qui sert également à la production de la tequila). Je n’ai pas compris grand chose à l’explication ne dura pas plus de cinq minutes de part l’accent très, très prononcé du “guide”, je vous redirige par conséquent vers CET article wikipédia afin d’en savoir plus sur la production.

Dernière étape de la journée avant d’aller déjeuner et de nous embarquer pour la longue route en direction de Puerto Escondido, le site archéologique de la cité mixtèque Mitla. Au centre du site s’élève une église, érigée par les espagnols comme symbole de la continuité du pouvoir malgré l’arasement des symboles anciens. La construction des bâtiments, palais et autres lieux administratifs date principalement des années 1300-1400 (relativement récent donc). Le site est relativement petit mais il est intéressant car c’est un des rares sites il me semble où l’ont peut encore admirer le stuc rouge (ou d’autres couleurs) qui ornait la majorité des édifices des cités précolombiennes.

Après un buffet, nous partons vers Puerto Escondido, que nous rejoindrons en pas moins de dix heures malgré à peine 300km… La route, très sinueuse, se fait quasi-uniquement en montagne. Très beaux paysages cependant avant que la nuit ne tombe!

Sur les photos:

1. Paysage autour de la fabrique de tapis
2. et 3. Fabrique de tapis
4. Fabrique de mezcal en carton
5. 6. 7. 8. et 9. Mitla
10. Sur la route vers Puerto Escondido. Plus que 120 sommets à passer et on arrive!

avril 4, 2013

Samedi 23 mars

Jour 2 - Arbol del Tulle, Monte Alban & Oaxaca

>Partie 2: Oaxaca

Oaxaca (prononcer Oaraca; au Mexique, les x se prononcent plus ou moins comme le r français), capitale de l’état du même nom est une ville d’environ 260’000 habitants. Tout le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et est tout comme Guadalajara par exemple une ville de style colonial. Malgré une certaine chaleur, il fut très agréable de visiter la ville avec la fin de la journée, même si la nuit passée dans le bus s’est faite un peu sentir… La ville ne ressemblait pas du tout à ce à quoi je m’attendais avec toutes les remarques que j’avais pu entendre, mais je l’ai cependant trouvée magnifique, très colorée, pleine de charme. Je suppose que le monde présent partout dans les rues était du au fait que l’on soit un samedi, et qui plus est le premier samedi de la semaine sainte, mais cela m’a laissé le souvenir d’une ville très vivante.

Le soir, une petite soirée fut organisée dans l’hôtel avant d’aller dans un bar de nuit de la ville où un groupe mexicain jouait du ACDC, Queen & autres. Typique.

Sur les photos:

1. Iglesia Santo Domingo (église Saint-Dominique). Cette église baroque fut construite par les dominicains venus à la demande de Cortés pour convertir les Indiens.
2. Petite place devant l’église Santo Domingo. Voir la petite fille avec la poussette m’a rappelé le sujet peu ironique de la jeunesse de nombreuses mamans au Mexique (même s’il est là évident que ce n’est pas son enfant).
3. Vue sur l’une des collines de Oaxaca
4. Mercado bicentenario. Vide quand on y a été, ou presque.
5. 6. 7. Rues de Oaxaca, dans le centre
8. Zocalo. Place principale, très verte, avec beaucoup d’animation: terrasses de restaurants et bars pleines, stands de marché…
9. Vendeurs de fleurs devant la cathédrale, construite également par des dominicains

avril 4, 2013

Samedi 23 mars

Jour 2 - Arbol del Tulle, Monte Alban & Oaxaca

>Partie 1: Arbol del Tulle & Monte Alban

Vendredi soir, départ de Guadalajara pour 10 jours de voyage dans les états de Oaxaca et Chiapas (sud-est du pays). L’état de Oaxaca, par lequel nous commençons, occupe une superficie de trois fois la Belgique et est peuplé à 32% d’indigènes. Nous partons vers 6h du soir de Guadalajara et arrivons en milieu de matinée en banlieue de la ville de Oaxaca (capitale de l’état homonyme) afin d’admirer “el arbol del tulle”. "Arbol del Tule" Cet arbre exceptionnel mesure 58m de circonférence, 42 de hauteur, aurait environ 2000 ans d’âge et pèserais plus de 636 tonnes. L’arbre fut parfois menacé; un commerçant voulu par exemple l’acheter pour le débiter en planches, mais les Indiens s’y opposèrent. Après un repas sommaire dans un marché à proximité (galette de maïs garnies de fromages, tomates, frijoles et autres produits que je ne n’ai pas cherché à identifier), nous nous dirigeons vers un autre site intéressant, le site archéologique de Monte Alban, dominant la vallée de Oaxaca à près de 2000m altitude depuis l’une des collines alentours, la colline du Jaguar. Un guide nous permettra de découvrir ce site zapotèque.

Ce site fut un grand centre politique, économique, culturel et spirituel, mais aussi un centre d’études astronomiques, cosmologiques et scientifiques. Apparu en tant que centre culturel vers 500 avant JC, Monte Alban a connu son apogée entre 350 et 550 après JC : la cité était alors la plus importante du monde zapotèque. L’histoire de Monte Albanest divisée en 5 périodes. La première (800-150 avant JC) est marquée par l’influence olmèque (il est temps de ressortir votre bouquin sur les civilisations précolombiennes) et se caractérise par une intensification des échanges commerciaux. La société est déjà relativement organisée avec sa hiérarchie religieuse, ses temples, ses dignitaires. A partir du IIe siècle de notre ère, le développement s’accélère, de nouvelles constructions apparaissent, plus raffinées. La troisième période (300 à 750 - période classique) est celle de l’apogée de la civilisation zapotèque et la ville de Monte Alban, dont le prestige n’a d’égal que celui de Tikal (nord du Guatemala) et de Teotihuacan (une heure environ au nord de Mexico DF, voir photos ici). La ville compte au moins 24’000 habitants vers 650 (le quart de celle de Teotihuacan). Le début de la quatrième période (vers 750) marque le déclin de la cité, qui perd son rôle de capitale. Comme d’habitude, aucune cause précise n’a pu être identifiée. 

Comme on peut le voir sur les photos, le site parait extrêmement sec, avec parfois même de la poussière qui vole, ce n’est pas toujours le cas (voir cette photo).  Cela dépend vraiment du moment de l’année; car il y a en effet deux saisons au Mexique, de fin mai à mi octobre environ, avec des pluies d’orage en fin de journée; et le reste de l’année sans quasiment aucune précipitation, où l’on arrive donc à des périodes de sécheresse comme en ce moment.

Suite de la journée dans un autre article avec les photos de la ville de Oaxaca.

Sur les photos:

1. et 2. Arbol del Tule
3. Arbol del Tule, situé sur le zocalo, au centre du village de Santa Maria del Tule (dont l’arbre tient son nom)
4. Edifice dont je ne connais pas l’utilité, avec en fond les escaliers du palacio, plus larges que la façade du seul bâtiment d’habitation sur l’esplanade. Il fut édifié à l’époque classique et est certainement une construction résidentielle temporaire réservée à quelques dignitaires.
5. et 10 Vue sur l’esplanade, environ 300m de long sur 200m de large, occupée par une douzaine de bâtiments et plates-formes.
7. Vue sur Oaxaca
9. Le patio Hundido sur la plate-forme nord; c’est par là que se trouve les tombes

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